Desciendo hacia el pueblecito de Gabas entre la multitud que se ha congregado en el valle atraída por la magia de las vistas que ofrece el Midi; cuando llego al Chalet Refugio de C.A.F. es todavía pronto y está casi vacío. Marie me recibe como se recibe a alguien de la familia después de mucho tiempo y dispone todo para mi reposo. Poco a poco comienzan a llenar el refugio gentes de la más diversa procedencia; algunos vienen de descender un barranco, otros simplemente están de paseo de fin de semana e incluso llega algún peregrino del camino de Santiago. Recostado en mi litera, escucho retazos de una conversación hilada con palabras mezcladas de italiano y francés, entreabro los ojos y allí está Guido, un peregrino italiano que explica sus planes para llegar a Somport. Aunque no presto demasiada atención lo que oigo no me acaba de convencer y mucho menos después de echarle un vistazo a su mochila. Sin mapa, ni brújula, una rodilla maltrecha y un equipamiento precario, Guido pretende cruzar las montañas por pasos alejados de cualquier ruta habitual. Con los ojos cerrados puedo ver el helicóptero buscando a un peregrino perdido en las montañas, la idea me inquieta y después de cenar le pido despistadamente que me explique sus planes. Sobre unas fotocopias de fotografías por satélite bajadas de internet me razona que son sólo veinte kilómetros y que él está acostumbrado a caminar hasta treinta. Para no pasarme de listo, con las manos hacia arriba, las puntas de los dedos unidas en posición de castigo salesiano y un movimiento a la italiana para darle mayor énfasis a la pregunta le digo:
-¿Pero Guido, tú estás acostumbrado a caminar por las montañas? -Sí, yo camino mucho, he hecho el camino de Santiago ya dos veces. -Ya, pero eso es otra cosa, las montañas son diferentes; yo no soy un experto, pero creo que deberías preguntar en el refugio a ver qué te dicen.
Llega otro grupo con las conchas típicas del Camino, harán parte de la ruta con el italiano. Ya me quedo más tranquilo, y a juzgar por su expresión Guido también; con una sonrisa relajada me repite una y otra vez: “La providencia, la providencia”.
Un nuevo día amanece cubierto, pero al menos no llueve como parecía que era la previsión. Hoy volveremos por los fueros de los Apus, hay que remontar el collado de Hourquette d´Arre y es conveniente madrugar si no quiero librar una de esas batallas todavía frescas en mi memoria, en las que la inmensidad de la montaña amedrenta al caminante convirtiéndolo en un ser minúsculo e indefenso.
Hourquette d´Arre
La senda traza tímidamente el bosque de Lacoussole convirtiendo los primeros pasos en un lindo paseo matinal. De repente, tras un giro inesperado, la garganta de Alhas muestra toda su fuerza al caminante obligándole a concentrar sus energías en no caer al vacío. A partir de ese momento no hay descanso y las piernas se ven forzadas a un duro trabajo que ya no recordaban. La montaña recompensa el esfuerzo, las flores perfuman el ambiente, las marmotas curiosean seguras en la puerta de su madriguera olisqueando el aire, el pico de Midi ofrece un perfil distinto y la panorámica desde el col de las Hourquettes es estupenda a pesar del fuerte viento que me hace sentir de nuevo que estoy a merced de los elementos. Los Apus me han dejado pasar; y eso para mi es suficiente.
Desciendo entre la niebla, el viento y locas cascadas de agua que vierten sus aguas hacia arriba impulsadas por el aire. Otra visión insólita de una tierra que nunca dejará de sorprenderme.
47ème ETAPE GABAS-GOURETTE.
Agua
Je descends jusqu´au petit village de Gabas, au milieu la foule qui s´est agglutinée dans la vallée, attirée par les vues magiques qu´offre le Pic du Midi d´Ossau. Lorsque j´arrive au Chalet Refuge du C.A.F de Gabas, il est encore tôt et le refuge est pratiquement désert. Marie me reçoit comme l´on reçoit quelqu´un de sa famille après une longue absence et elle met tout à la disposition de mon repos. Petit à petit, des gens des horizons les plus variés commencent à occuper le refuge; certains viennent de faire un canyon, d´autres simplement sont venus passer le week end, et il arrive même quelques pélerins sur le Chemin de Saint Jacques. Allongé sur mon lit, j´écoute les bribes d´une conversation filée dans un mélange d´italien et de français. J´entr´ouvre les yeux et c´est Guido, un pélerin italien qui explique sa stratégie pour arriver au Somport. Bien que je ne prête pas beaucoup d´attention, ce que j´entends ne me convainc pas trop et encore moins après avoir jeté un coup d´oeil à son sac. Sans carte ni boussole, un genou mal fichu et un équipement précaire, Guido prétend traverser la montagne par des endroits éloignés des passages habituels. Les yeux fermés, je peux voir l´hélicoptère cherchant un pélerin perdu dans les montagnes, l´idée m´inquiète et après dîner je lui demande de m´expliquer son plan. Avec des photocopies de photos-satellites téléchargées d´internet, il m´assure que ce ne sont que vingt kilomètres et que lui est habitué à marcher jusqu´à trente kilomètres. Pour éviter de paraître trop pédant, les mains vers le haut, les doigts unis en position de châtiment salésien et faisant un mouvement à l´italienne pour donner plus d´emphase à la question, je lui demande:
-Mais Guido, vous êtes habitué à marcher en montagne?
-Oui, je marche beaucoup, j´ai fait le Chemin de Saint Jacques deux fois déjà.
-D´accord, mais ça, c´est autre chose, les montagnes sont différentes; je ne suis pas un expert mais je crois que vous devriez demander au refuge pour voir ce qu´ils vous disent.
Un autre groupe, arborant les coquilles de Saint Jacques typiques du chemin, arrive. Ils feront un bout de chemin avec l´Italien. Je suis soulagé et, à en juger par son expression, Guido aussi; Avec un sourire détendu il ne cesse de me répéter: “La providence, la providence”.
Un nouveau jour se lève, gris, mais au moins il ne pleut pas comme il semble qu´il était prévu. Aujourd´hui nous retournons dans le domaine des Apus, je dois remonter le col de la Hourquette d´Arre et il faut que je me lève tôt si je ne veux pas livrer l´une de ses batailles encore fraîches dans ma mémoire dans laquelle l´immensité de la montagne effraye le marcheur, le transformant en un être minuscule et sans défenses.
Marmota
Le sentier passe timidement par la forêt de Lacoussole, transformant mes premiers pas en une belle balade matinale. Tout d´un coup, après un virage inespéré, la gorge d´Alhas montre toute sa force au marcheur, l´obligeant à concentrer son énergie pour ne pas tomber dans le vide. À partir de cet instant, je n´ai plus droit au repos et mes jambes se voient forcées à un dur travail qu´elles semblaient avoir oublié. La montagne récompense l´effort, les fleurs parfument l´atmosphère, les marmottes pointent le nez hors de leur terrier, en humant l´air, le pic du Midi offre un profil différent et la panoramique depuis le col des Hourquettes est magnifique malgré le vent fort qui me fait sentir à nouveau que je suis à la merci des éléments. Les Apus m´ont laissé passer, et ça, pour moi, c´est suffisant.
Je descends sous le brouillard, le vent et les folles cascades d´eau qui déversent leurs eaux vers le haut impulsées par l´air. Une autre vision insolite de cette terre qui ne cessera jamais de me surprendre.