Entro en la población de Bolquera contento por haber terminado la jornada; en un bar pregunto por el Albergue de Les Ramiers y mi sorpresa llega cuando me explican que lo he dejado tres kilómetros atrás. Entonces viene a mi memoria como una felicitación de Navidad en Agosto, que ya me lo advirtieron. Me insulto, no puedo creer mi falta de memoria, pero el mal ya está hecho. Comienzo a barajar las posibilidades, pregunto si hay algún albergue en el pueblo, pero me arrepiento. Ya hemos hablado con “Les Ramiers” y no es justo andar volviendo loca a la gente por mi mala cabeza.
Recurro a mi recurso favorito en estos casos; mi dedo pulgar me ha llevado lejos en muchas partes del mundo y esta vez tampoco me falla. Me ahorro los tres kilómetros cuesta arriba que hubiera supuesto mi error y al llegar a mi albergue me alegro de no haber buscado otro sitio. La acogida es estupenda y la cena digna de los mejores restaurantes.
Vuelvo a consultar el oráculo electrónico a ver si me vaticina un buen futuro. Alegría, canta sol para toda la jornada. Las primeras horas de la mañana no quieren dar la razón a la pitonisa cibernética y amanece una niebla cerrada como la propia noche que le ha precedido. Poco a poco el fuerte viento se lleva las nubes. Paseo, más que marcho por el amplio valle de la Cerdanya. Las numerosas poblaciones me hacen olvidar que estoy en la montaña y camino despacio, zarandeado como un muñeco por el fuerte viento.
Col Mitja
En un recodo del camino encuentro dos caminantes sentados, me aposento junto a ellos a charlar un rato ¡Ingleses! Hacía ya tiempo que no coincidía con ninguno. Ya casi se me ha olvidado hasta la broma. John y Richard llevan mi misma dirección, y estoy seguro que iremos coincidiendo a lo largo del camino; así que les despido con un “hasta luego” mientras yo me quedo a descansar .
En la subida al puerto nubes negras se posan en mis hombros susurrándome al oído: “tormenta, tormenta”, en un tono malicioso. Convertido de nuevo en Obélix,o más bien en Astérix por la pérdida de peso, vuelvo a sentir el temor de que el cielo se desplome sobre mi cabeza; aprieto los puños e imprimo un ritmo ligero a mi paso. El fuerte viento sigue soplando y las nubes negras levantan el vuelo, dejando paso al sol con una risita histérica: “ji, ji, ji...”
Para mí mucho mejor. Arriba en el collado me siento a disfrutar de las vistas junto a Richard, antes de arrojarme montaña abajo hacia el refugio.
69ème ETAPE: BOLQUERE - RAS DE CARANÇA.
Richard and John
J´entre dans le village de Bolquère, content d´avoir conclu ma journée; dans un bar, je demande où se trouve le Refuge “Les Ramiers” et ma surprise arrive lorsque on m´explique qu´il est trois kilomètres avant le village. C´est alors que je me souviens, comme s´il s´agissait d´une carte de Noël en plein mois d´Août, qu´on me l´avait déjà dit. Je m´insulte moi même, n´arrive pas à croire à ce trou de mémoire, mais le mal est déjà fait. Je commence à penser à ce que je pourrais faire, je demande s´il y a un autre gîte au village, mais je finis par avoir des remords. Nous avons déjà parlé avec “les Ramiers” et il n´est pas juste de faire attendre les gens pour rien à cause de ma mauvaise mémoire.
J´ai donc recours à mon allié favori dans ces cas là : mon pouce m´a déjà emmené à de nombreux endroits dans le monde et, cette fois ci, il me porte chance à nouveau. J´évite les trois kilomètres de montée qu´aurait engendrée mon erreur et, en arrivant au gîte, je suis heureux de ne pas avoir cherché un autre endroit. L´acceuil est formidable et le repas digne des meilleurs restaurants.
Je consulte à nouveau l´oracle électronique pour voir s´il me prédit un futur brillant. Ô joie, soleil annoncé pour toute la journée.
Les premières heures de la matinée font mentir la voyante cybernétique et le jour se lève sous un brouillard fermé, comme lors de la nuit précédente. Peu à peu, le vent fort fait partir les nuages. Je me balade, plus que je ne marche, dans la grande vallée de la Cerdanya. Les nombreux villages me font oublier que je suis en montagne et je marche lentement, bousculé comme une poupée par la force du vent.
Dans un recoin du chemin, je rencontre deux randonneurs assis. Je m´assieds à côté d´eux pour parler un peu: des Anglais! Cela faisait longtemps que je n´en rencontrais pas. J´en étais presque arrivé à oublier leurs aventures rocambolesques. John et Richard vont dans la même direction que moi et je suis sûr que nous nous retrouverons le long du chemin. Je leur dis donc au revoir pendant que je me repose à mon tour. Dans la montée au col, des nuages noirs se posent sur mes épaules en me susurrant à l´oreille: “orage, orage”, sur un ton malicieux. Transformé à nouveau en Obélix ou plutôt en Astérix du fait de ma perte de poids, je ressens à nouveau la peur que le ciel me tombe sur la tête; je serre les poings et marche d´un pas léger. Le vent fort continue à souffler et les nuages noirs lèvent le camp, laissant place au soleil avec un rire hystérique: “ji, ji, ji...”
Pour moi, c´est beaucoup mieux. Au sommet du col, je m´assieds à côté de Richard, avant de me lancer vers le bas, où se trouve le refuge.