Tiempo: 6 h. 30'
Kilómetros: 15
Dificultad: Media. (Senda expuesta en algunos tramos que pueden presentar
dificultades con mal tiempo)
Bosque de la Prunadière
Del episodio del albergue de Mounicou me olvido pronto, nada más llegar a la carretera una amable familia me hace un hueco en su abarrotado vehículo, que víctima de las vacaciones del clan, está obligado a transportar una carga excesiva. Me depositan en Marc sin acuse de recibo y cruzo los dedos para que haya lugar para mí en el único sitio posible del pueblo. Mi mayor preocupación es la comida, no hay tiendas y aunque la predicción del tiempo anuncie tormentas – no sé si sensibles o sin escrúpulos –, siempre se puede encontrar un lugar donde desparramar los huesos por el suelo para descansar.
En el albergue de Marc hay una pareja de chavales franceses que han llegado allí también desde Mounicou. Su intención es caminar durante unos quince días en una mezcla de GR-10, GR-11 y HRP, hoy es su primer día y me enumeran, por orden de intensidad del dolor, todos los músculos de la espalda. Se aviva en mi memoria el recuerdo de los primeros días de esta travesía, cuando sentía el mismo dolor en los mismos músculos. Un suspiro de alivio se escapa entre mis barbas de marino viejo “si tuviera que empezar otra vez me moriría”, pienso. Y bromeando seriamente les digo que no se preocupen, que eso son los primeros días y que luego el dolor se reparte uniformemente por todo el cuerpo.
- De todas formas no me extraña que te duela la espalda ¿Dices que llevas veinticuatro kilos? - Casi todo es comida, ya irá bajando.
Nos despedimos en la noche porque tienen intención de levantarse pronto y yo me he impuesto no levantarme antes de las siete a no ser que el amanecer prometa.
Desayuno alrededor de las ocho, un cambio en la dieta de pan con mantequilla y mermelada me sorprende alegremente y me regalo saboreando el yogurt, el café, otra vez esperando a que llegue el arriero, pero estos días anda un poco confundido. De todas formas no tengo prisa, las nubes han tomado el valle y no tienen intención de liberarlo en todo el día. Una pena, porque si he caminado hasta sus entrañas era por la promesa de ver la Pica d´Estats y darle recuerdos para Juan, el abuelete cascarrabias de Areu que contrabandeaba tabaco en Andorra. Recuerdo su mirada perdida en la pared, describiendo paso a paso el camino hasta el puerto de Baiau, recuerdo su nostalgia que es ahora la mía y recuerdo que me llamó loco por andar por estos montes solitarios con la sola compañía de mi soledad.
Encuentro
Camino por el filo del bosque de Prunadière; la senda se asoma con osadía al vacío y solo la niebla da una sensación falsa de seguridad. Sin poder disfrutar de las vistas mi cabeza se evade, la inercia me lleva hacia delante dejándose llevar por la caída de la montaña. De repente sin saber por qué mi cuerpo se tensa y como un caballo desbocado da un salto hacia atrás retrocediendo varios pasos. Cuando mi mente despierta de su hipnosis se percata de que he estado a punto de pisar una víbora que estaba frente a mí, cruzada en el camino. Su tamaño es considerable, y de haber dado un paso más el animal se habría defendido. Las circunstancias del encuentro me hacen pensar en las palabras de mi compadre Jabín: “¡Ay Jorge! Tú y tus serpientes, ya puedes tener cuidado”. Jabín tiene una teoría aprendida de los indígenas de la amazonía peruana, acerca de los encuentros con las serpientes –venenosas– y la forma en la que se producen. “¡Carajo, Jabín! –le digo sin que me pueda escuchar– lo peor de todo es que esta vez puede que tengas razón”.
La naturaleza nos habla a cada rato, nos envía señales que ya no queremos entender; quizás por eso estos días mi cabeza anda ensimismada, medio ausente, para no ver, quizás por eso la serpiente me ha mirado a los ojos, para asegurarse de que me llega el mensaje. Quizás.
A partir del encuentro, camino concentrado en la senda que otra vez vuelve a querer volar recorriendo el monte sin perder altura hasta que en un aterrizaje suave me deja en Goulier.
63ème ETAPE: MARC - GOULIER
Dominio de Goulier
J´oublie vite l´épisode du gîte de Mounicou, dès que j´arrive à la route, une aimable famille me fait de la place dans son véhicule plein à craquer qui, victime des vacances du clan, est obligé de transporter une charge excessive. Ils me déposent à Marc sans accusé de réception et je croise les doigts pour qu´il y ait de la place pour moi dans le seul endroit possible du village. Je suis surtout inquiet de trouver quelque chose à manger, il n´y a pas de magasins et même si la météo annonce des orages – je ne sais si sensibles ou bien sans scrupules-, on peut toujours trouver un endroit où se poser à même le sol pour se reposer.
Dans le gîte de Marc, il y a deux Français qui sont arrivés là aussi depuis Mounicou. Leur intention est de marcher pendant environ quinze jours dans un mélange de GR-10, GR-11 y HRP. Aujourd´hui c´est leur premier jour et ils énumèrent, par ordre d´intensité de douleur, tous les muscles de leur dos. Je me souviens alors des premiers jours de cette traversée, lorsque je ressentais la même douleur dans les mêmes muscles. Un soupir de soulagement s´échappe de ma barbe de vieux loup de mer: “si je devais recommencer je mourrais”, me dis-je. Et en plaisantant sérieusement je leur dis qu´ils ne s´inquiètent pas, que ça, c´est les premiers jours, et, qu´après, le douleur se répartit uniformément dans tout le corps.
- De toute façon, ça ne m´étonne pas que tu aies mal au dos, tu dis que tu transportes vingt quatre kilos?
- Oui, mais presque tout en nourriture, ça diminuera.
Nous nous disons au revoir le soir car ils ont l´intention de se lever tôt et moi, je me suis imposé de ne pas me lever avant sept heures du matin, à moins que l´aube ne soit prometteuse.
Je déjeune vers huit heures, un changement dans mon régime alimentaire de pain, beurre et confiture est une bonne surprise, et je me régale en savourant un yahourt et un café. J´attends à nouveau que le muletier arrive mais, ces derniers temps, il a tendance à se tromper. De toute façon, je ne suis pas pressé, les nuages ont enveloppé la vallée et n´ont pas l´intention de la libérer de toute la journée. C´est dommage, car si j´ai marché jusqu´à ses entrailles c´était pour tenir ma promesse de voir la Pica d´Estats et d´envoyer le bonjour à Juan, le grand-père bougon de Areu qui faisait de la contrebande de tabac en Andorre. Je me souviens de son visage perdu sur le mur, décrivant pas à pas le chemin jusqu´au col de Baiau, je me souviens de sa nostalgie qui maintenant est la mienne et je me souviens qu´il m´a traité de fou pour avoir marché dans ces montagnes solitaires, avec pour seule compagnie ma propre solitude. Je marche dans la forêt de Prunadière; le sentier se penche imprudemment dans le vide et seul le brouillard donne un sentiment de fausse sécurité. Sans pouvoir profiter des vues, mon esprit s´égare, l´inertie me pousse vers l´avant, me laissant entraîner par la chute de la montagne. Tout d´un coup, sans savoir pourquoi, mon corps se raidit et comme un cheval emballé, il fair un saut en arrière et rebrousse chemin de quelques pas.
Goulier
Lorsque mon esprit se réveille de l´hypnose dans laquelle il était plongé, il se rend compte qu´il a été sur le point de marcher sur une vipère en qui se trouve là, en face, sur le chemin. Sa taille est considérable et si j´avais fait un pas de plus, l´animal se serait défendu. Les circonstances de cette rencontre me font penser aux bonnes paroles de mon compère: “¡Ay Jorge! Toi et tes serpents, tu ferais bien de faire attention”. Jabín a une théorie qu´il a apprise des indigènes de la jungle péruvienne, sur les rencontres avec les serpents –venimeux– et sur comment elles se produisent . “¡eh bien, Jabín! –lui dis-je sans qu´il puisse m´entendre– le pire de tout c´est qu´il se peut bien que tu aies raison cette fois-ci”.
La nature nous parle à chaque instant, elle nous envoie des signes que nous ne voulons plus comprendre; peut-être que c´est pour cela que, ces derniers jours, je suis dans mon monde, à moitié absent, peut-être que c´est pour cela que le serpent m´a fixé droit dans les yeux, pour s´assurer que j´ai compris le message. Oui, peut-être.
Apès cette rencontre, je marche concentré sur le sentier qui, une fois de plus cherche à nouveau à voler en parcourant la montagne sans perdre d´altitude, jusqu´à ce qu´un aterrissage en douceur me dépose à Goulier.